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Cent coups de sang d'Ernestine Le « bestoffe » des lettres d’Ernestine à l'automne ! Pour fêter ses vingt ans d’existence et les cent ans d’Ernestine (1910- ?), le Polygraphe publiera en octobre 2010 Cent Coups de sang d'Ernestine, une anthologie de lettres de la « Vieille dame indignée », comme l’appelait affectueusement Télérama. De 1999 à 2005, Ernestine, la nonagénaire des Troglos, a adressé plusieurs centaines de lettres sur des sujets qui la tracassaient : de l’art d’obtenir la carafe promotionnelle sans acheter le fromage (elle craint d’attraper la mystériose) à la guerre du Kosovo; de la recette des Petits Lu 100% pur beurre aux avions de chasse qui empêchent ses poules de couver; des livres de poche mal collés à ses premiers essais de poésie rustique… Véritable star de la littérature épistolaire (les trois volumes chez Ginkgo ont totalisé 30.000 ventes), Ernestine a été adaptée en 2006 au théâtre par la compagnie Mêtis. Les cent lettres retenues sont extraites des recueils 1 et 2 d’Ernestine écrit partout (Ginkgo) – ouvrages épuisés chez l’éditeur d’origine. L’auteur Née Troispoux à Botz-en-Mauges au début du siècle dernier, Ernestine a longtemps vécu à Coutures (Maine-et-Loire), dans une habitation troglodytique, ce qui lui a permis d’échapper à la canicule de 2003. Lectrice assidue du bibliobus, elle a lancé en 2000 une grande campagne contre le prêt payant en bibliothèque (La Brouette et les Deux Orphelines, Davy/Deleatur) et écrit des centaines d’autres lettres qui ont été réunies dans trois volumes, chez Ginkgo éditeur : Ernestine écrit partout. En 2006, elle a brutalement disparu. Signes particuliers: a une Minicomtesse (ancêtre de la voiture sans permis); a perdu la foi en 1922 à cause d’une intoxication alimentaire (religieuse pas fraîche) et son exemplaire des Deux Orphelines. Elle craint que le mot brouette ne disparaisse du dictionnaire. Pratique la poésie rustique et le jardinage. L’illustratrice Émilie Harel est surtout connue pour ses illustrations jeunesse (La Martinière, Glénat, Bayard…). Elle a illustré «la Cuisine ou l’art de se nourrir en moins d’une heure» d’Ernestine – dans l’ouvrage collectif paru chez Ginkgo: la Cuisine très facile. Caractéristiques de l’ouvrage Format : 14,5 x 21,5 cm à la française; 240 ou 256 pages. Couverture quadri, intérieur quadri. ISBN 978-2-909051-42-0 Prix public : 18 € ttc
La presse en a parlé ! Ernestine Chassebœuf persiste et signe A 94 ans, la veuve Chassebœuf, habite toujours dans un troglo à Coutures en Maine-et-Loire, et elle râle toujours autant « Mais le docteur Bourgeon m'a dit que c'est bon pour les artères. Ça les ramone ! » : les fautes de français sur les pots de cornichons, le prêt payant des livres dans les bibliothèques, les fauteuils de cinéma ou l'on est mal assis... […] C'est de l'humour railleur et mordant, qu'on ne tolérerait pas d'un gamin mais qu'on pardonne (en riant jaune) lorsqu'il vient d'une grand-mère irrévérencieuse. Ce n'est pourtant pas la peine de trop chercher à la rencontrer car elle fuit la célébrité. « J'espère que ça va pas m'amener trop de touristes. J'ai presque plus de grolleau et je vais pas leur ouvrir du vieux bonnnezeaux, je le garde pour mon enterrement »... A ceux qui demandent à rencontrer Ernestine Chassebœuf, Martine Boulanger, qui vend la presse (et les livres d'Ernestine) dans le bourg de Coutures, répond invariablement qu'elle vit « là-haut dans les troglos », sans plus de précision. Mais il ne faut pas chercher à en savoir plus, ni chercher à dévoiler ce petit miracle d'humour. Jean-Yves Lignel, le Courrier de l’Ouest.
Mais où est passée Ernestine ? Voilà encore quelques années, Coutures (Maine-et-Loire), 350 habitants, n'était qu'une paisible bourgade angevine, bien en peine de détourner les touristes des sublimes villages des bords de Loire. C'était avant. Avant que la commune n'accède à une petite célébrité grâce à une administrée de choc, Ernestine Chassebœuf. À l'âge de 89 ans, cette veuve troglodyte s'est mise à écrire partout : […] lettre à Coca Cola, pour savoir si elle peut aussi nettoyer ses « ouatères » avec du Sprite ou du Fanta ; à « Monsieur Carrefour-je-positive », pour se plaindre des prospectus qui encombrent sa boîte aux lettres. Des centaines de personnes, maires, députés, évêques, colonels, directeurs de clientèle, de musées, des chemins de fer, ont reçu ses lettres pleines de verve et de bon sens. Depuis, Coutures voit débarquer des admirateurs de toute la France, qui cherchent, sinon à l'approcher - elle est insaisissable -, du moins à humer une atmosphère et des lieux qu'elle campe à merveille dans sa correspondance. Seulement voilà ! Dans le dernier recueil de ses lettres, la nonagénaire fait beaucoup allusion à un prochain « départ », laissant ses groupies dans un doute affreux. De fait, plus personne ne reçoit ses lettres. Dominique Fonlupt, la Vie.
Ernestine ? C'est ma voisine La première lettre d'Ernestine date du 10 février 1999. Où l'on apprendra que la dame fut saisie à cette époque d'une sainte rogne contre la pharmacie de garde, trop éloignée pour ses vieilles cannes et la fit sentir à l'apothicaire : « Est-ce que c'est bien normal de m'envoyer, moi, qui habite à 10 kilomètres à l'est de Brissac, acheter mes médicaments à 15 kilomètres à l'ouest, ce qui fait 50 kilomètres aller et retour, sur des routes de campagne virageuses et mal entretenues ? » Sa plume dès lors s'envole […] avec toujours cet envoi final, qui cingle comme le Z de Zorro : « ... et j'espère que ma lettre vous trouvera de même ». […] Mai 2000, une controverse vient d'éclater à propos du prêt dans les bibliothèques publiques : gratuit comme d'usage ou bien payant (5 francs de l'époque), comme le réclament deux cents écrivains notoires ? Le sang de Chassebœuf ne fait qu'un tour, elle trempe sa plume dedans pour reprocher à ces malfaisants de « voir votre nom sur la pétition des cent sous, et si vous trouvez que les pauvres doivent payer pour vous lire, vous méritez pas que je vous emprunte [au bibliobus] ». Certains lui répondront : Julien Gracq en bon confrère et Claude Simon, tout prix Nobel qu'il soit, d'un croustillant billet truffé de fôtes exprès... Un éditeur s'empare du lot pour en faire un bouquin. Ernestine devient une gloire locale, régionale, nationale : un limier de Ouest-France la débusque (sans révéler ses traits) ; les radios lettrées (France Inter, France Culture) lisent sa prose sur les ondes... Michel Daubert, Télérama.
Pour en savoir plus sur Ernestine Chassebœuf, voir la notice Wikipédia. |




